Métier de trésorier : un rôle sous tension et pourquoi le trésorier à temps partagé devient essentiel
En dix ans, la fonction trésorerie a profondément évolué.
Déjà en 2018, un article des Échos observait que le trésorier ne se limitait plus à un rôle d’assistance mais se rapprochait progressivement de la stratégie financière :
« La tendance avait déjà été identifiée en 2015 : cantonné avant la crise économique à un rôle d'assistance, le trésorier voit sa mission évoluer pour rejoindre la stratégie financière de l'entreprise. Toutefois, ce rôle de stratège n'est ni une évidence ni généralisé. »
Sept ans plus tard, l'évolution du rôle du Trésorier dans l'organisation s'est confirmée mais la situation est tendue. Ainsi, le 18 novembre 2025, Option Finance rappelait :
« Face à un manque criant de candidats, les trésoriers restent toujours aussi difficiles à recruter. Il est vrai qu'au regard de la diversité de leurs missions, leurs compétences doivent être de plus en plus étendues, y compris dans le domaine des nouveaux outils digitaux. »
Ces deux constats, espacés de plusieurs années, décrivent une même évolution : le périmètre du trésorier s’est élargi beaucoup plus vite que le vivier de talents ne s’est développé.
Dans ce contexte, de nombreuses PME et ETI doivent repenser l’organisation de leur fonction trésorerie. Le modèle du trésorier à temps partagé apparaît progressivement comme une réponse pragmatique.
Pourquoi le métier de trésorier est durablement sous tension ?
La pénurie actuelle ne relève pas d’un simple déséquilibre temporaire du marché de l’emploi. Elle résulte d’un décalage profond entre les besoins réels des entreprises et les ressources disponibles.
Un périmètre qui s’est considérablement élargi.
Le trésorier n’est plus seulement responsable :
- des flux bancaires,
- des prévisions de cash,
- de la gestion quotidienne de la liquidité.
Il intervient désormais sur un périmètre beaucoup plus large :
- la stratégie de gestion du cash,
- l’optimisation du BFR,
- les financements court et moyen terme,
- la relation bancaire et les négociations de lignes,
- les couvertures de change et de taux,
- la mise en place de cash pooling et de modèles de centralisation,
- les outils digitaux de trésorerie (TMS, API bancaires, automatisation),
- la sécurisation des flux financiers.
Le rôle s’est donc à la fois approfondi techniquement et élargi organisationnellement.
La digitalisation de la trésorerie.
La montée en puissance des outils de trésorerie a profondément transformé le métier.
Un trésorier moderne doit désormais maîtriser :
- les systèmes d’information financiers,
- l’intégration bancaire,
- les outils de prévision et d’analyse,
- l’automatisation des flux.
Cette évolution nécessite des profils hybrides, à la croisée de la finance et de la technologie.
Une concurrence accrue entre entreprises pour recruter.
Les profils expérimentés sont fortement recherchés.
Les grands groupes disposent souvent d’avantages importants :
- équipes trésorerie structurées,
- périmètres internationaux,
- projets de transformation financière,
- diversité des sujets (trésorerie opérationnelle, financements, couvertures, projets),
- packages de rémunération attractifs.
Les PME et ETI se retrouvent donc fréquemment en concurrence directe avec ces organisations pour recruter les mêmes profils "couteaux suisses".
Les impacts pour les PME et ETI.
L’absence d’une fonction trésorerie structurée se traduit rapidement par plusieurs fragilités :
- des prévisions de trésorerie imprécises,
- une faible visibilité sur les positions de cash consolidées,
- un recours excessif au découvert bancaire,
- des négociations bancaires sous-optimales,
- des projets de cash pooling ou de circulation du cash non amorcés,
- des coûts bancaires mal maîtrisés,
- une dépendance accrue aux financements externes.
Dans un environnement où l’argent coûte plus cher et circule plus vite, ces faiblesses deviennent critiques.
Le trésorier à temps partagé : une réponse pragmatique.
Face à ces tensions, de nombreuses entreprises explorent un modèle alternatif : le trésorier externe à temps partagé.
Comme cela s’est produit pour la fonction de DAF à temps partagé, ce modèle permet d’accéder rapidement à une expertise senior sans devoir recruter immédiatement.
Une expertise immédiatement disponible.
Un trésorier à temps partagé peut intervenir rapidement pour :
- structurer la fonction trésorerie,
- fiabiliser les prévisions de cash,
- optimiser le BFR,
- améliorer la relation bancaire,
- piloter les projets de transformation de la trésorerie.
Un modèle flexible et proportionné.
Le nombre de jours d’intervention peut être ajusté selon :
- la complexité de l’organisation,
- les projets en cours,
- la saisonnalité des flux,
- les enjeux de financement,
- l'équipe en place.
Ce modèle permet d’adapter l’expertise au besoin réel de l’entreprise.
Un impact rapide sur la performance financière.
Un trésorier expérimenté peut rapidement :
- structurer la circulation du cash,
- optimiser les financements court terme,
- réduire les coûts bancaires,
- sécuriser les flux financiers,
- améliorer la visibilité sur la liquidité.
Ces actions produisent souvent des effets mesurables en quelques mois.
Un modèle de plus en plus adopté.
Trois tendances expliquent l’émergence du trésorier à temps partagé :
- la pénurie durable de trésoriers expérimentés,
- la complexité croissante de la gestion de trésorerie,
- la nécessité pour les entreprises de rester agiles.
Le modèle n’est plus marginal.
Il est aujourd’hui utilisé par de nombreuses PME et ETI pour structurer leur fonction trésorerie et sécuriser leur liquidité.
Conclusion
Le rôle du trésorier n’a jamais été aussi stratégique.
Dans un environnement économique plus volatil, les entreprises doivent maîtriser leur liquidité, améliorer leur visibilité et renforcer leur capacité d’anticipation.
Mais les profils expérimentés restent rares.
Dans ce contexte, le trésorier à temps partagé constitue une solution pertinente pour accéder rapidement à une expertise senior et structurer durablement la fonction trésorerie.
Pour de nombreuses PME et ETI, il représente aujourd’hui l’un des moyens les plus efficaces de renforcer leur gestion du cash sans attendre un recrutement incertain.

